Rendre gratuits les transports en commun ! La promesse a fleuri dans plusieurs villes de France
Lors des municipales de mars dernier. Certaines sont déjà passées à l’acte, rejoignant des expériences pionnières. Une douzaine d’agglomérations offrent actuellement un accès gratuit à leur réseau de bus.
Celle d’Aubagne , avec 93000 habitants , est la plus importante. La ville de Châteauroux (73000 habitants) passée à la gratuité en 2002, est souvent montrée en exemple, mais l’ancêtre, c’est Compiègne, qui a supprimé la billetterie dès 1975. Ont suivi Colomiers, Issoudun, Mayenne, Vitré, Gap.
Un pari financier ? Oui, mais très modéré, contrairement à une idée reçue : la billetterie ne couvre qu’une petite fraction du budget des transports. A peine 9% à Aubagne ! La diminution des charges (distribution, contrôle, etc.) couvre une partie du manque à gagner. L’équilibre serait atteint avec l’augmentation ( automatique) du « Versement Transports » des entreprises. En revanche ,dans les villes de taille supérieure, la couverture plus importante des coûts par la billetterie ( jusqu'à 25%) rend la tentation de la gratuité plus périlleuse.
Effet principal de l’accès libre : il dope la fréquentation des bus. « Ce qui est un objectif sain de rentabilisation des investissements publics », relève Olivier Louchard, du Réseau action climat. A Chateauroux, le nombre de voyages annuels par habitant est passé de 22 à 47.
De l’action sociale ? Autre idée reçue. A Chateauroux, il s’agissait d’abord de revitaliser le centre-ville.
De même, la gratuité est rarement présentée comme une mesure écologique pour favoriser les transports en commun. Encore faudrait il agir sur la part de voiture dans les déplacements, à peine passée de 70 à 69 %
A Chateauroux.
Et puis la gratuité peut devenir contre productive, craint Jean Sivardière, à la Fédération nationale des associations d’usagers de transports (Fnaut) : « Le manque à gagner peut induire une restriction des investissements dans l’extension des réseaux, la fréquence des passages, etc. »
La gratuité des trajets reste donc souvent un simple levier de gestion, parfois réduit à un gadget. La percée politique, il faut aller la chercher en Belgique, dans la ville de Hasselt (70 000 habitants). La gratuité des bus, votée il y a onze ans, a été mise au service d’un vrai projet de mobilité urbaine fondé sur un développement considérable du réseau : 2 lignes et 8 bus en 1997, 11 lignes et 46 bus en 2007, et une multiplication par 12 du trafic voyageurs.
Patrick PIRO
POLITIS mercredi 24/12/08
prochaine réunion du collectif pour les transports publics gratuits
le 9 décembre à 20H00
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